L’agriculture urbaine comme infrastructure verte de résilience

En collaboration avec plusieurs partenaires scientifiques, le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB) travaille sur un projet d’évaluation de l’agriculture urbaine comme infrastructure verte de résilience individuelle et collective face aux changements climatiques et sociaux.

Contexte du projet

L’agriculture urbaine (AU) se développe depuis de nombreuses années dans les pays industrialisés. À Montréal, Vancouver, Toronto et Portland on estime que dans chaque ville qu’environ 40% de la population pratique l’AU. Elle y est utilisée comme un outil pour répondre à de nombreux enjeux sociaux et environnementaux urbains du 21e siècle, dont l’insécurité alimentaire, la réappropriation de l’espace urbain par les citoyens, le verdissement, la santé mentale, l’autonomisation, la réinsertion économique, etc. Elle est aussi perçue comme un vecteur potentiel de résilience urbaine individuelle et collective dans le cas de crise économique, environnementale ou encore lors de l’augmentation des prix des aliments, tel qu’observé actuellement.

Si on connaît bien la distribution spatiale des jardins communautaires et collectifs montréalais, la distribution spatiale des jardins individuels dans la métropole est en revanche inconnue. Plus largement, au Québec, aucune analyse de la distribution des initiatives en agriculture urbaine, ni de leurs relations avec des facteurs socio-économiques et urbanistiques existe. De plus, il manque d’études empiriques sur l’apport de l’agriculture urbaine dans la production alimentaire, la gestion des matières organiques et de l’eau, ainsi que les impacts de changements climatiques sur l’agriculture urbaine.

Objectifs du projet

Planifié sur trois ans, ce projet de recherche servira donc à outiller les acteurs sociaux québécois d’un guide d’évaluation sur les bénéfices de l’agriculture urbaine quant à l’insécurité alimentaire, la justice alimentaire et la résilience individuelle et collective pour l’alimentation, le tout dans un contexte de changements climatiques. Plus concrètement, elle vise à :

  1. Établir l’étendue et la distribution des jardins individuels, collectifs et communautaires, en relation avec d’autres caractéristiques du milieu urbain (données socio-économiques et urbanistiques);
  2. Mesurer l’apport des initiatives en AU comme stratégies pour la santé publique et la lutte à l’insécurité alimentaire;
  3. Estimer les impacts des changements climatiques sur les stratégies de lutte à l’insécurité alimentaire et santé publique par le biais de l’AU;
  4. Diffuser et mobiliser les connaissances acquises afin de favoriser l’utilisation (adéquate) de l’AU comme stratégie d’intervention urbaine dans les municipalités québécoises.

Méthodologie du projet

Pour parvenir à ses objectifs, le projet de recherche sera divisé en plusieurs étapes réparties sur trois ans :

  1. Cartographie des initiatives d’agriculture urbaine pour cinq zones de la Communauté Métropolitaine de Montréal (Ville-Marie, Montréal-Nord, Ville de Laval – Chomedey, Ville de Longueuil, Terrebonne).
  2. Analyses spatiales et statistiques des pratiques de l’agriculture urbaine.
  3. Mesures de production pour les initiatives étudiées
  4. Questionnaire sur les motivations et pratiques en agriculture urbaine
  5. Analyse du questionnaire
  6. Entrevues semi-dirigées et focus groupe
  7. Impact des changements climatiques sur les stratégies de lutte à l’insécurité alimentaire et santé publique par le biais de l’AU.
  8. Mobilisation des connaissances : diffusion/transfert, échange et réseautage.

Ils collaborent au projet

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