Un grand coup de pouce pour l’agriculture urbaine commerciale à Montréal

Le Conseil d’arrondissement d’Ahunstic-Cartierville a adopté en séance régulière du 11 février 2019 des modifications à son règlement d’urbanisme afin d’adapter la réglementation aux changements de nature urbanistiques récents. Avec ces modifications, l’arrondissement devient la première juridiction au Québec à créer une classe d’usage « agriculture urbaine ». Cette classe d’usage permettra la pratique urbaine de tout type de production agricole, à l’exception de l’élevage d’animaux de ferme. Il sera ainsi possible de cultiver, de plein droit et à des fins commerciales, des fruits et des légumes, de faire pousser des champignons, d’élever des insectes, des poissons et autres crustacés, à condition de respecter les autres règlements en vigueur (règlement sur les pesticides, règlement sur les nuisances, règlement sur les espèces envahissantes, etc).

Pour Jean-Philippe Vermette, directeur intervention et politiques publiques au Laboratoire sur l’agriculture urbaine : « Cette nouvelle classe d’usage permettra le développement de l’agriculture urbaine commerciale, tout en rapprochant les montréalais et montréalaises de leur alimentation. L’arrondissement Ahunstic-Cartierville se positionne aujourd’hui comme pionnière dans l’intégration de l’agriculture urbaine à son cadre urbanistique et nous espérons que d’autres arrondissements et villes leur emboîteront le pas. »

Seul le secteur industriel délimité par le boulevard Acadie, l’autoroute 40, l’autoroute 15 et la rue Sauvé Ouest, permettra pour l’instant cet usage « agriculture urbaine ». Ce secteur se caractérise par une forte représentation de commerces agroalimentaire, tout en ayant été le berceau de la première serre commerciale sur toit au monde appartenant aux Fermes Lufa. D’autres projets sont actuellement en démarrage dans ce secteur, dont La Centrale agricole, une coopérative de solidarité de producteurs et productrices urbain(e)s produisant une large gamme d’aliments frais destinés à une mise en marché de proximité.

À termes, ce secteur de Montréal veut devenir un pôle d’attractivité aussi bien pour de futurs agriculteurs et agricultrices urbain(e)s que pour un grand nombre de consommateurs et consommatrices, qui pourront s’approvisionner en produits locaux et frais, et ce, à quelques minutes de leur domicile.

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