Nouvelle recherche pour AU/LAB: Les jardins individuels, la sécurité alimentaire et les déserts alimentaires

L’agriculture urbaine est bien ancrée à Montréal. De nombreuses initiatives existent et d’autres voient le jour, chaque année. On retrouve à Montréal des jardins communautaires, des jardins collectifs, des jardins institutionnels et d’entreprises (voir le site Agriculture Montréal : http://www.agriculturemontreal.org). S’ajoute à ses jardins l’ensemble des initiatives individuelles (privées) menées par des citoyens et citoyennes dans leurs cours arrière, leurs balcons et leurs toits. À Montréal, 42% des ménages produiraient des légumes et des fruits en tant qu’agriculteurs et agricultrices urbains[1]. Toutefois, on connaît encore peu le portrait de ses initiatives en AU.

En 2010, le Collectif de recherche en aménagement paysager et le Laboratoire sur l’agriculture urbaine déploya un effort afin de colliger l’ensemble des initiatives en agriculture urbaine à Montréal. Un effort qui déboucha sur le portail AgricultureMontréal. Un portail qui regroupe les informations sur le nom, le type de jardin (communautaire, collectif, institutionnel, entreprise, producteur, individuel), l’emplacement (arrondissement, district, adresse civique), la superficie cultivée (réelle ou estimée), le nombre de jardinets (jardins communautaires), le nombre de personnes (jardins collectifs). En collaboration, avec le Direction de la santé publique de Montréal, des cartes de géolocalisations ont été préparées afin de réaliser les premières analyses spatiales de la distribution des initiatives en AU selon le nombre de jardins et la superficie cultivable par habitant par arrondissement. De premières cartes montrant le réel accès géographique à ses espaces de production d’aliment frais.

Toutefois, malgré plusieurs efforts communicationnels, il apparaît que l’obtention de la réelle importance des initiatives privées en agriculture urbaine reste difficile à appréhender par un site tel que le portail Agriculture Montréal (malgré l’inscription de plus de 250 jardins individuels sur le site), surtout dans un objectif d’obtenir un outil pour une bonne compréhension du lien des initiatives en lien avec des éléments comme la sécurité alimentaire et les déserts alimentaire.  En outre, de nombreuses études sont en cours sur les jardins collectifs et les jardins communautaires (dont certaines au Laboratoire sur l’agriculture urbaine), mais peu sur les jardins privés. C’est dans un tel cadre que nous réalisons le projet présenté.

Dans le cadre du projet Le jardinage individuel, la sécurité alimentaire et les déserts alimentaires : cartographie dans des quartiers cibles pour instrumenter les collectivités locales dans leur promotion de pratiques de jardinage en milieu urbain, AU/LAB visera à mieux connaître les pratiques de jardinage individuelles et leur production alimentaire à Montréal. Cette recherche est complémentaire à celle effectuée il y a deux ans sur les jardins collectifs et communautaires, dont certains volets sont encore à l’étude.

De manière spécifique, l’étude permettra de connaître et cartographier les jardins potagers individuels dans différents quartiers (ou partie de) ciblés par les partenaires de la recherche. Nous collecterons aussi les pratiques et les approches culturales ainsi que leurs retombées sur l’accessibilité alimentaire dans des quartiers ciblés avec faible accès aux aliments et avec une population défavorisée importante.

En finalité, le projet vise à instrumenter les collectivités locales et certains acteurs sur l’alimentation dans leur promotion de pratiques de jardinage en milieu urbain. En outre, une connaissance du rendement et du surplus des produits (une connaissance des modes de distribution ou non de ceux-ci et les raisons entourant l’absence de sa distribution) pourrait bénéficier des organismes communautaires ou sociaux locaux .

Comme AU/LAB est avant tout un laboratoire de recherche, d’innovation et d’intervention en agriculture urbaine aux services de la collectivité, nous visons à déterminer indirectement par cette étude l’importance que représente les jardins collectifs dans le portrait de la justice alimentaire montréalais. Partant des différentes données recueillies depuis plusieurs années, nous émettons l’hypothèse que les jardins individuels sont avant tout portés par des personnes (ou ménages) qui ne sont pas en situation d’insécurité alimentaire.  Ce que nous verrons à confirmer ou infirmer. En outre, avec les résultats recueillis nous pourrons envisager des modes de distribution qui permettaient aux porteurs des jardins individuels à participer à la justice alimentaire urbaine, en partageant le surplus de leur production potagère.

Projet : Le jardinage individuels, la sécurité alimentaire et les déserts alimentaires : cartographie dans des quartiers cibles pour instrumenter les collectivités locales dans leur promotion de pratiques de jardinage en milieu urbain

Chercheur : Eric Duchemin, Professeur associé à l’Institut des sciences de l’environnement, Laboratoire sur l’agriculture urbaine, Université du Québec à Montréal

Partenaires: Direction de la santé publique, Marché de solidarité Frontenac, Action- Gardien, Club populaire des consommateurs


[1] Étude récente de la Ville de Montréal  (CPCMAU, 2013)

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